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lundi 4 avril 2011

Eunice Barber - « L’instinct d’une championne, c’est le combat »

Eunice Barber, athlète médaillée d’or en heptathlon et en saut en longueur m’accueille à l’Inseep* de la Villette, à Paris, en m’offrant un tee-shirt de sa confection sur lequel sont inscrits ces quelques mots : ? Soutenez Eunice Barber. Contre les mensonges et les violences policières ? Le message est clair, Eunice n’a pas tourné la page.
Rappelez-vous, c’était en 2006, notre double championne du monde avait été mise en examen pour ? outrage à agent et rébellion ? puis avait accusé les policiers de racisme dans son affaire. Au moment du jugement en décembre 2008, elle avait été condamnée à 5000 euros d’amendes et des dommages et intérêts. Elle n’avait pas fait appel.
Depuis, Eunice y pense, encore et souvent. Elle est persuadée d’avoir été victime d’une machination orchestrée par la police et l’IGS. Elle se dit trahie par son avocat. ? Je l’ai payé plus de 30 000 euros et il n’a pas fait sont travail. ? La ? machination ? aurait commencé dès sa longue garde à vue, suite à son interpellation. ? 36 heures durant lesquelles les policiers ont eu le temps de fabriquer des preuves contre moi. La base de la condamnation est le mensonge. J’ai été victime d’une manipulation policière et politique. Seule la CNDS* a été honnête sur mon affaire. ?
Aujourd’hui, elle a des mots très durs envers son avocat qui la représentait dans cette affaire. Elle lui reproche de l’avoir très mal défendue. Elle en veut aussi à l’avocate de la partie adverse, Aicha Condé, une femme noire comme elle : ? Elle m’a trahie en cassant le motif raciste ? (qu’Eunice Barber entendait faire valoir à l’encontre des policiers qui l’avaient contr?lée, alors qu’elle se trouvait dans sa voiture, à Saint-Denis). Lilian Thuram, grand défenseur de la cause de Noirs, ne lui aurait pas apporté non plus le soutien qu’elle lui demandait dans cette période sombre pour elle.
Une affaire qui a commencé à proximité du Stade de France. Eunice avait emprunté un passage fermé, deux policiers l’avaient interpellée, puis un des agents l’aurait giflée, lui aurait tiré le bras, elle l’aurait mordu. C’est parti en live… Persuadée que ce policier qui l’a giflée était de mauvaise humeur, Eunice a le sentiment que c’est elle qui a trinqué pour ?a.
? Je n’avais jamais rencontré de souci avec la justice auparavant. Ni moi, ni ma famille. Mais ils ont affaire à la mauvaise Noire, je ne me laisserai pas intimider. Je n’écrase personne et personne ne m’écrasera ni pour mon sexe ni pour ma race. Un des policiers m’a même dit : « Une Noire dans le 93, pour l’arrêter c’est une gifle dans la figure. Nous, on va couvrir notre collègue. » ?
A cette même période, elle était en négociation avec la marque de soda ? Pepsi ?. Le sponsor n’a pas signé le contrat avec Eunice, inquiet de la mauvaise publicité qui émanait de cette affaire. Depuis cette histoire elle se sent plus proche des jeunes de cités. Son combat, désormais, est de leur dire : ? Dans un commissariat, n’avouez jamais ce que vous n’avez pas fait. ? Eunice veut maintenant se battre contre l’idée que l’Etat est parfait. Comme on organise des gay pride, elle voudrait que tous les ans les gens descendent dans la rue pour manifester contre les ? bavures policières et les juges corrompus ?.
Trois ans et demi plus tard, elle en parle encore comme si c’était hier mais se dit plus sereine. ? J’ai gagné quelque chose, j’étais ignorante comme la plupart des Noirs qui gagnent un peu d’argent, qui prennent la grosse tête et qui pensent être intégrés. Je n’ai pas de haine mais je vais me battre maintenant que j’ai compris comment ?a fonctionne. ? Je fais remarquer à Eunice que les Blancs aussi, parfois, sont victimes de racisme. Elle répond : ? Les Blancs subissent en silence mais je veux dire à la communauté noire qu’ils sont de grands hommes. ?
A 34 ans, l’organisation de sa vie tourne autour du sport de haut de niveau et l’essentiel de ses journées est consacré à l’entra?nement. Samedi dernier, à Angers, elle a participé à un championnat de France de saut en longueur et de 100 mètres haies, où elle arrivée 4e. Elle n’ira pas aux championnats du monde d’Athlétisme de Berlin, au mois d’ao?t. ? Ces championnats ne font pas partie de mes objectifs, j’ai d’autres projets. ? Le temps libre qu’il lui reste est réservé à ses rendez-vous professionnels, à faire ses courses ou à se reposer chez elle.
Eunice envisage d’écrire un livre ? brut ? basé sur cette affaire. Elle va aussi créer son entreprise de vêtements ? sport et ville ?. Son coach lui propose de devenir coach à son tour et elle envisage de créer prochainement une fondation à Los Angeles où elle vit, pour aider les enfants de la communauté noire à faire du sport et des études, en autres.
Comme elle le dit elle même, ? l’instinct d’une championne, c’est le combat ?. Eunice semble mener sa vie et les emb?ches qui vont avec comme elle le fait dans le sport. Elle ne baisse jamais les bras tant qu’elle n’a pas remporté la victoire.
Nadia Méhouri
*Institut national des sports et de l’éducation physique.

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